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Apprendre la guitare : les conseils de Dominique Assié
Vous envisagez de vous former à la guitare jazz ? Dominique Assié, professeur à l’IMEP • Paris College of Music, partage ce qu’il faut vraiment savoir avant de se lancer, et ce qui fait toute la différence entre un bon guitariste et un grand musicien.
La guitare jazz : un instrument qui demande beaucoup… et offre encore plus 

Avant tout, soyons honnêtes : la guitare est un instrument exigeant. Contrairement au piano, elle n’est pas très « visuelle », les notes ne s’y lisent pas aussi intuitivement sur le manche. Et en jazz, les attentes sont élevées : il faut maîtriser à la fois l’harmonie (les accords, l’accompagnement) et la mélodie (les thèmes, les solos). Un double rôle que peu d’instruments partagent.

Autrement dit, il y a beaucoup à apprendre par cœur, beaucoup de vocabulaire à acquérir, des doigtés en pagaille. Mais c’est précisément ce qui rend l’instrument si riche et polyvalent.

Le jazz, c’est bien plus qu’un style

À l’IMEP, le mot « jazz » recouvre un spectre musical énorme. Au programme : jazz standard des années 40, jazz funk-rock des années 70, jazz latin aux influences brésiliennes… Chaque style a ses propres codes rythmiques, son propre vocabulaire harmonique.

La bonne nouvelle ? Sur une partition de jazz, il y a peu d’indications figées. C’est un espace de liberté, d’interprétation, de créativité. Dès le départ, vous serez encouragé à faire des choix musicaux, à développer ton propre son.

Conseil n°1 : ne reniez pas ce que vous savez déjà

C’est peut-être le conseil le plus précieux de Dominique Assié. Beaucoup d’élèves arrivent à l’école en pensant qu’ils doivent tout réapprendre. Fausse bonne idée.

Ce que vous avez appris avant, vos influences, vos habitudes de jeu, votre instinct musical, sont une base précieuse. L’objectif de la formation n’est pas de l’effacer, mais de l’enrichir, d’y ajouter de nouveaux outils, de nouvelles techniques, un nouveau vocabulaire. Mais votre identité musicale, c’est vous qui la construisez.

Conseil n°2 : développez votre propre vocabulaire

En jazz, avoir du vocabulaire ne veut pas dire copier ses idoles. Cela veut dire s’approprier des phrases, des couleurs, des tournures rythmiques, pour les restituer à sa façon.

À l’IMEP, l’enseignement pousse chaque guitariste à développer une voix personnelle. Pas question de tous sonner pareil. La diversité des identités artistiques, c’est ce qui fait la richesse d’une promotion, et d’un groupe.

Conseil n°3 : travaillez chaque morceau comme si vous montiez sur scène

C’est la méthode que Dominique Assié répète à ses élèves : quand vous préparez un morceau pour le cours, préparez-le comme si vous alliez le jouer en concert.

Ça veut dire : plus aucune hésitation sur les accords, les transitions, les détails d’interprétation. Tout doit être réglé. Pas pour être parfait, mais pour être libre, libre de vraiment jouer, sans que le trac technique ne prenne le dessus.

Conseil n°4 : soyez organisé et motivé, le programme est dense

Le cursus de l’IMEP couvre beaucoup de terrain : cours d’instrument, lecture de partition, improvisation, jeu en groupe… Il faut une vraie capacité de travail et une bonne organisation personnelle.

L’idée des premières années est d’acquérir une autonomie solide, pour ensuite développer son jeu de façon de plus en plus personnelle dans les cours de répertoire, dans les groupes, et finalement dans sa carrière.

Le vrai plus : jouer avec les autres

Ce qui rend la formation guitare à l’IMEP particulièrement vivante, c’est la dimension collective. Jouer avec une section rythmique, improviser en groupe, s’écouter et se nourrir mutuellement : c’est là que tout prend sens.

Chaque année, des groupes se forment entre élèves et vont jouer en concert en dehors de l’école. Cette émulation, cette envie de jouer ensemble, c’est souvent ce qui fait décoller un musicien plus vite que n’importe quel exercice solo.

Et les auditions, ça se passe comment ?

Bonne nouvelle : les auditions d’entrée sont accessibles et bienveillantes. Pas de style imposé, pas de répertoire spécifique. Venez avec votre instrument, vous jouez ce que vous aimez, et quelques questions techniques permettent d’évaluer votre niveau pour vous placer au mieux dans le cursus.

Alors si vous hésitez encore… c’est le moment de sauter le pas.

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